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La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) représente un vaste enjeu définissant l’ensemble des initiatives des entreprises pour évaluer les effets de leurs activités sur l’environnement et l’impact sur le bien-être social. Cette évaluation va, généralement, bien au-delà de ce que les réglementations ou lobbys de protection peuvent exiger en la matière. La RSE se réfère à la notion d’entreprise responsable au sens de son fonctionnement sociétal, éthique et environnemental, et intègre le principe de transparence. Plus largement, la RSE fait écho au concept de développement durable, et tend à être de plus en plus utilisée pour évaluer la performance globale de l’entreprise.

Publiée en 2010, la norme ISO 26000 contient les grandes lignes directrices définissant la Responsabilité Sociale. Il ne s’agit pas d’exigences légales (la norme ISO 26000 ne prête pas à certification, contrairement à d’autres normes ISO bien connues), mais de conseils pour accompagner les entreprises dans leurs démarches. En revanche, en France, le Grenelle de l’Environnement et le décret n°2012-557 (24 avril 2012, consolidé le 27 avril 2012) soumettent les entreprises à l’obligation de transparence et de reporting en matières sociale et environnementale. Et, depuis 2013, ce sont toutes les entreprises de plus de 500 employés, cotées ou non, qui doivent publier un rapport RSE.

Si tous les secteurs d’activité industriels ne sont pas égaux devant la RSE, peu IFS Globe CSRd’entreprises peuvent aujourd’hui se permettre d’en faire un sujet subalterne, que ce soit vis-à-vis des instances de régulation ou de la société dans son ensemble. Les entreprises n’ont pas – ou plus – le choix, et il est désormais rare de trouver un rapport annuel d’entreprise où la Responsabilité Sociale et le Développement Durable n’occupe pas une place centrale.

 

RSE : des contraintes aux leviers de croissance

Entre ce qu’elle recommande et ce qu’elle exige légalement, la RSE s’impose, au moins dans un premier temps, aux entreprises. Elle s’apparente à un ensemble de contraintes qui obligent l’entreprise à modifier son organisation et son fonctionnement, et à consacrer des ressources et des budgets à des procédures qui n’existaient pas jusqu’alors. En ce sens, la RSE peut être perçue et vécue comme un frein au développement et à la croissance, voire comme une menace pour la pérennité de l’entreprise.

Cependant, les attentes et les exigences sociétales, environnementales et éthiques auxquelles renvoie la RSE ne sont plus des options. Les consommateurs, les observateurs et la société dans son ensemble sont de plus en plus attentifs à ces aspects, et en font des critères centraux dans leurs jugements et leurs choix.

Comme pour toute transformation profonde, la RSE peut apparaitre comme une contrainte ou une opportunité, selon la manière dont on l’aborde (résignation ou acceptation).

Or, dans la mesure où elle définit les modalités de réponse de l’entreprise aux exigences sociétales, la RSE peut se traduire par une véritable opportunité de transformer l’entreprise au sens vertueux du terme. Notamment grâce à certains aspects nécessaires au développement de la RSE :

  • La définition et la mise en œuvre de stratégies dédiées
  • Le déploiement de nouveaux dispositifs et processus de gestion
  • L’émergence de nouvelles conception et méthodes d’évaluation de la performance

Ainsi, la RSE perçue comme une contrainte peut, dans un second temps, devenir une source de bénéfices pour l’entreprise.

Notamment au niveau des aspects clés suivants :

1. Anticipation et gestion des risques

  • Atteintes à l’image et à la réputation de l’entreprise
  • Risques juridiques et environnementaux
  • Continuité des activités
  • Qualité des relations sociales

2. Gestion des coûts

  • Optimisation des coûts environnementaux
  • Optimisation des processus

3. Compétitivité

  • Innovation
  • Amélioration de l’image auprès de l’écosystème commercial, mais aussi du public

4. Renforcement de la culture de l’entreprise

Une stratégie RSE correctement menée représente un réel levier pour l’assurabilité, la gestion des risques, le financement et la différenciation de l’entreprise sur son marché. Il ne s’agit donc plus d’une contrainte, mais d’une chance pour l’entreprise de renouveler et de continuer à se développer. Fleur Pellerin, dans la préface du livre « Entreprises performantes et responsables, c’est possible ! » paru à la rentrée 2014 aux éditions AFNOR, souligne que « La prise en compte des attentes sociales et environnementales ne s’oppose pas à la création de valeur ajoutée qui demeure évidemment l’objectif de toute entreprise ».  Sans compter que, en matière de communication, les politiques RSE intéressent beaucoup les observateurs et les médias qui publient régulièrement des classements, articles ou reportages sur les entreprises actives en la matière.

 

La transformation digitale des entreprises en question

On parle beaucoup de la « transformation digitale » des entreprises depuis quelques années.

Future screenCe phénomène inéluctable ne se résume toutefois pas à l’introduction de tablettes dans l’entreprise ou encore au BYOD. Cette transformation renvoie, pour une très grande part, à la capacité à colleter, trier, analyser et restituer des volumes de données de plus en plus importants, en provenance de sources de plus en plus diverses et nombreuses… et si possible en temps réel.

Si une entreprise veut, par exemple, mieux comprendre ses clients pour développer ses ventes, elle doit aujourd’hui être capable de collecter et d’analyser un très grand nombre d’informations liées au profil des consommateurs, à leurs comportements d’achat, à leurs préférences, etc. Une démarche qui ne peut, évidemment, pas se faire sans l’aide de technologies avancées et de solutions informatiques intégrées. La RSE fait partie de la même logique. Pour pouvoir établir des tableaux de bords, des rapports, prendre des décisions en adéquation avec la stratégie, se conformer aux obligations de transparence et, finalement, être plus performant à tous les niveaux, une entreprise doit s’assurer que la totalité de ses données métier sont correctes et disponibles, non seulement à son propre niveau mais aussi à celui de son écosystème de partenaires et de clients.

Sans solutions de gestion avancée pour accéder et traiter ces masses énormes et permanentes de données, la RSE demeurera au mieux un vœu pieu, au pire un ensemble de contrainte freinant le développement de l’entreprise.

La transformation digitale des entreprises, c’est aussi une affaire de RSE.

 

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